« Cet arbre, je l’appelle forêt vierge en espérance de sa contribution future à reverdir notre beau Togo », confie dame Afi Djoka, la quarantaine, rencontrée alors qu’elle venait d’obtenir son plant qu’elle mettra en terre le lundi 1er juin. Pour elle, ce geste n’est pas seulement écologique : c’est une promesse de vie, un symbole de continuité.

Dans les villages comme dans les villes, chaque arbre planté devient un repère, un souvenir, une histoire transmise. Derrière chaque geste se cache une émotion, une mémoire familiale ou communautaire. Depuis 1977, la journée nationale de l’arbre est devenue un rituel profondément ancré dans la société togolaise. Aujourd’hui, près de cinquante ans plus tard, cette tradition s’est élargie en une vaste campagne nationale de reboisement.
Des millions de plants sont ainsi mis en terre chaque année, du littoral aux savanes du nord. Les forêts de Misahöhé, d’Akloa ou la mangrove d’Aného rappellent que protéger la nature, c’est protéger notre mémoire collective et nos ressources vitales.
La citoyenneté au cœur de l’arbre
Quelques jours avant le lancement officiel de la campagne, l’élan citoyen se fait déjà sentir dans les quartiers de nos villes et villages. Partout, associations de volontaires, jeunes, adultes, femmes et enfants se ruent vers les directions régionales et préfectorales de l’environnement, le centre national de semences forestières de Davié et ses antennes régionales, ou encore chez les pépiniéristes privés pour se procurer des plants.
La campagne est devenue un moment de rencontre de générations. Les anciens confient aux plus jeunes des plants, comme on transmet un trésor. Ce geste montre que planter un arbre, c’est préparer l’avenir. Les racines portent la mémoire des anciens, les branches portent les rêves des jeunes. Ensemble, ils construisent une forêt pour demain.

Associations, élèves, fonctionnaires et commerçants se retrouveront côte à côte pour verdir les espaces publics et nos forêts. Les chants, les sourires et les discussions accompagneront chaque plantation. L’ambiance sera responsable : chacun sait que la survie des arbres qu’il aura mis en terre dépendra de l’attention quotidienne. Ce mouvement collectif montre que la protection de l’environnement n’est pas seulement une affaire d’État, mais une responsabilité partagée qui unit toutes les générations.